Comment fonctionne la retraite pour les auto-entrepreneurs et comment la préparer ?

La retraite des auto-entrepreneurs s’appuie sur un système à deux piliers : une retraite de base obligatoire et une retraite complémentaire obligatoire depuis juillet 2024. Contrairement à ce que pensent beaucoup de micro-entrepreneurs, vous cotisez bien à la retraite, avec des règles proches du régime salarial mais des mécanismes de calcul spécifiques basés sur vos revenus réels. Cet article vous explique le fonctionnement concret, les montants, les conditions d’accès et les démarches à effectuer pour ne pas avoir de mauvaises surprises.

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  • Deux piliers obligatoires : retraite de base + retraite complémentaire (depuis juillet 2024)
  • Validation trimestres : 4 max par an, calculée selon vos revenus (seuils différents pour BIC vente/prestations et BNC)
  • Calcul de la retraite : basé sur les 25 meilleures années, montant limité à 50 % du PASS (24 030 € annuels en 2026)
  • Âge légal : 64 ans pour les générations nées à partir du 1er janvier 2025, 67 ans sans condition de trimestres
  • Démarche : vos cotisations passent par l’URSSAF, validation automatique des trimestres selon vos déclarations fiscales

Comprendre les deux piliers de la retraite en auto-entreprise

Depuis le 1er juillet 2024, deux régimes de retraite s’appliquent obligatoirement aux auto-entrepreneurs : la retraite de base et la retraite complémentaire. Avant cette date, la retraite complémentaire était facultative. Ce changement rapproche le système de celui des salariés, mais avec des spécificités liées au statut d’indépendant.

Ces deux piliers fonctionnent de manière indépendante : vous cotisez pour les deux, et vous percevrez deux pensions de retraite distinctes. La retraite de base est gérée par l’Assurance Maladie (via la sécurité sociale des indépendants), tandis que la retraite complémentaire dépend de votre secteur d’activité.

Qu’est-ce que la retraite de base et comment elle fonctionne ?

La retraite de base des auto-entrepreneurs fonctionne sur le principe de la répartition par trimestres. Vous accumulez des trimestres en fonction de votre chiffre d’affaires réalisé chaque année. Contrairement aux salariés qui valident 4 trimestres avec 150 heures de travail mensuel, vous validez les vôtres selon des seuils de revenus fixés annuellement.

Le calcul de votre pension de retraite de base se fait sur les 25 meilleures années de votre carrière. Votre pension est plafonnée à 50 % du PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale). En 2026, ce plafond est fixé à 24 030 € annuels, soit environ 2 002,50 € par mois maximum.

Vous pouvez valider jusqu’à 4 trimestres par an maximum, comme les salariés. Cette limite s’applique aussi à vous, même si votre chiffre d’affaires dépasse largement les seuils. À partir de 67 ans, l’acquisition de nouveaux trimestres s’arrête automatiquement et vous pouvez percevoir votre pension de retraite de base sans condition de nombre de trimestres.

Les conditions pour valider vos trimestres

Chaque trimestre validé dépend d’un seuil de revenu minimum. Ces seuils varient selon votre régime fiscal (BIC vente, BIC prestations de service ou BNC professions libérales) et sont réévalués chaque année en fonction du PASS.

Régime Seuil pour 4 trimestres (2026) Profil concerné
BIC vente 24 579 € Commerce, vente de produits
BIC prestations de service 14 256 € Services, artisanat, dépannage
BNC professions libérales 14 256 € Conseil, formation, freelance

Si vous atteignez ces seuils, vous validez automatiquement 4 trimestres. En deçà, vous validez 1, 2 ou 3 trimestres selon votre chiffre d’affaires déclaré. Par exemple, si vous générez 10 000 € de revenus en BIC prestations et que le seuil pour 4 trimestres est 14 256 €, vous validerez environ 2 à 3 trimestres cette année-là.

Que se passe-t-il si vous ne validez pas assez de trimestres ?

Si vous ne validez pas 4 trimestres par an pendant plusieurs années, vous accumulerez un nombre de trimestres inférieur à celui requis pour obtenir une retraite à taux plein. À 64 ans, si vous n’avez pas le nombre minimum de trimestres requis, votre pension sera minorée (elle baissera de 1,25 % par trimestre manquant).

En revanche, à 67 ans, vous pouvez partir à la retraite sans condition de trimestres. Votre pension sera alors calculée sur la base des trimestres accumulés, même s’ils sont peu nombreux. C’est une sécurité pour ceux qui n’auraient pas validé suffisamment de trimestres.

La retraite complémentaire : le second pilier obligatoire

Depuis juillet 2024, la retraite complémentaire est devenue obligatoire pour tous les auto-entrepreneurs. Ce système fonctionne sur le principe de l’accumulation de points, contrairement à la retraite de base qui repose sur les trimestres.

Voici comment cela fonctionne : chaque euro que vous cotisez génère des points. Ces points sont ensuite convertis en pension lors de votre départ à la retraite. La conversion dépend d’une valeur de point fixée chaque année par le régime complémentaire.

Par exemple, si vous cotisez 1 000 € et que la cotisation génère 100 points, vous accumulerez 100 points de retraite complémentaire. À la retraite, si la valeur du point est 1,50 €, ces 100 points vous rendront 150 € annuels.

Le taux de cotisation obligatoire pour la retraite complémentaire varie selon votre régime :

  • 34 % pour les professions libérales (BNC)
  • 50 % pour les prestations de service commerciales et l’artisanat (BIC)

Ces taux s’appliquent sur le bénéfice net déclaré. Contrairement à la retraite de base où vous cotisez via l’URSSAF en tant que travailleur non-salarié, la retraite complémentaire est versée à des caisses spécialisées selon votre secteur (CIPAV pour les professions libérales, par exemple).

Les âges et conditions d’accès à la retraite

L’âge légal de la retraite des auto-entrepreneurs a augmenté progressivement, aligné sur les réformes applicables aux salariés. Voici les règles actuelles :

Date de naissance Âge légal de la retraite Âge sans condition de trimestres
Avant 1er janvier 1968 60 à 62 ans 65 ans
Entre 1968 et 1975 62 à 63 ans 65 à 66 ans
À partir du 1er janvier 1975 63 à 64 ans 66 à 67 ans

Ces âges légaux supposent que vous ayez validé un nombre suffisant de trimestres. Si ce n’est pas le cas, votre pension sera réduite. En revanche, à 67 ans pour les générations nées après 1975, ou 65 ans pour les plus anciennes, vous pouvez percevoir votre retraite de base intégralement sans condition de trimestres.

Les démarches concrètes pour sécuriser votre retraite

En tant qu’auto-entrepreneur, vous n’avez pas à effectuer de démarches spécifiques pour cotiser à la retraite de base : vos cotisations obligatoires passent par l’URSSAF au moment de vos appels de cotisations annuels. Vous cotisez automatiquement en fonction de votre chiffre d’affaires déclaré.

Pour la retraite complémentaire, c’est différent selon votre régime. Les professions libérales cotisent via la CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d’Assurance Vieillesse), tandis que les autres régimes gèrent leurs cotisations via leurs caisses respectives. Vous devez vous inscrire auprès de l’organisme compétent lors de la création de votre micro-entreprise.

Il est recommandé de consulter votre relevé de carrière chaque année auprès de l’Assurance Maladie pour vérifier que vos trimestres sont bien enregistrés. En cas d’erreur, vous pouvez demander une correction. Vous pouvez aussi simuler votre pension de retraite sur le site de l’Assurance Maladie pour évaluer votre situation et anticiper votre départ.

Faut-il épargner en complément ?

Sachant que votre retraite de base sera limitée à environ 2 000 € mensuels maximum, il peut être judicieux de constituer une épargne retraite supplémentaire. De nombreux auto-entrepreneurs souscrivent à un Plan d’Épargne Retraite (PER) ou à un contrat retraite auprès d’un assureur pour augmenter leurs revenus une fois à la retraite.

Ces dispositifs offrent des avantages fiscaux et vous permettent de construire un capital personnel indépendant du régime obligatoire. C’est particulièrement recommandé si votre chiffre d’affaires fluctue ou si vous prévoyez de maintenir un faible revenus au cours de votre carrière.

Avant de prendre une décision, consultez un expert-comptable ou un conseiller en gestion de patrimoine : il pourra analyser votre situation spécifique et vous proposer une stratégie adaptée à votre secteur d’activité et vos objectifs.

Les différences avec le régime salarial

Bien que le système de retraite des auto-entrepreneurs se rapproche de celui des salariés, quelques différences subsistent. Les salariés valident 4 trimestres avec 150 heures de travail par mois minimum, tandis que vous validez selon des seuils de revenus. Les taux de cotisation obligatoire sont aussi plus élevés pour les auto-entrepreneurs que pour les salariés.

De plus, en tant qu’indépendant, vous ne cotisez pas à l’assurance chômage. Vous devez donc gérer vos périodes sans revenu sans filet de sécurité de l’allocation d’aide au retour à l’emploi. C’est un point important à considérer dans votre planification financière globale.

Enfin, vos cotisations retraite sont déductibles de votre revenu imposable (pour les BNC), ce qui crée un avantage fiscal compensant partiellement la charge sociales plus lourde.

Questions fréquentes

Quel est le montant minimum de retraite pour un auto-entrepreneur ?

Il n’existe pas de montant minimum garanti pour la retraite de base des auto-entrepreneurs. Votre pension dépend uniquement des trimestres que vous avez validés et du calcul sur les 25 meilleures années. En revanche, une allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) existe pour les personnes très faiblement pensionnées (environ 916 € mensuels en 2024). Pour y accéder, vous devez remplir des conditions de ressources et d’âge (minimum 65 ans ou 60 ans pour les inaptes).

Est-ce que je cotise pour la retraite en étant auto-entrepreneur ?

Oui, absolument. Vous cotisez obligatoirement à deux régimes : la retraite de base (via l’URSSAF) et la retraite complémentaire (obligatoire depuis juillet 2024). Le montant exact dépend de votre bénéfice net déclaré et de votre régime fiscal (BIC ou BNC). Ces cotisations figurent dans vos appels de cotisations annuels de l’URSSAF.

Quelle est la caisse de retraite pour les auto-entrepreneurs ?

Pour la retraite de base, c’est l’Assurance Maladie (sécurité sociale des indépendants) qui gère votre dossier. Pour la retraite complémentaire, cela dépend de votre secteur : la CIPAV pour les professions libérales (BNC), et d’autres caisses selon que vous relevez du régime BIC. Lors de votre inscription en auto-entreprise, vous êtes automatiquement affilié à la caisse compétente.

Quel chiffre d’affaires minimum pour valider 4 trimestres quand on est auto-entrepreneur ?

Le seuil dépend de votre régime fiscal. En 2026, c’est 24 579 € pour les BIC vente (commerce) et 14 256 € pour les BIC prestations de service et BNC (professions libérales). Ces seuils sont revalorisés chaque année selon le PASS. Si votre chiffre d’affaires est inférieur, vous validerez moins de 4 trimestres cette année-là.

À quel âge peut-on partir à la retraite en étant auto-entrepreneur ?

L’âge légal varie selon votre année de naissance. Pour les générations nées à partir de 1975, c’est 64 ans (avec les bons trimestres accumulés). À 67 ans (ou 65 ans pour les plus anciennes générations), vous pouvez partir sans condition de trimestres. Des dispositifs de retraite anticipée existent dans certains cas spécifiques (carrière longue, handicap, etc.), mais ils sont très encadrés.